Le processus

Le détail du processus

Ici, rien n’est pressé. Le temps fait partie du travail. Et chaque étape compte.

Ce que je te propose, ce n’est pas simplement une broderie. C’est un chemin. Un passage lent entre une image et un geste.

Le premier regard

Tout commence par une photographie. La tienne.

Tu me l’envoies telle qu’elle est. Parfois très nette, parfois floue. Parfois techniquement imparfaite.

Et c’est très bien ainsi.

Je regarde longtemps. Je laisse l’image poser. Je m’attarde sur ce qu’elle raconte, bien au-delà de ce qu’elle montre.

Si tu hésites entre plusieurs photos, nous prenons ce temps ensemble. Je t’écoute. Je te pose des questions. Je me base sur ton émotion, sur ton attachement.

Mon œil de photographe entre alors en jeu. Je sais ce qui est faisable. Je sais ce qui peut être brodé. Je sais aussi ce qu’il vaut mieux laisser intact.

Une photo floue peut être infiniment juste. Parfois plus qu’une image parfaite. Car ce qui compte ici, ce n’est pas la performance visuelle. C’est la charge émotionnelle.

Préparer l’image

Une fois la photographie choisie, je travaille à partir du fichier.

Je connais la valeur d’une image. Je ne brode jamais sur un original. La photographie reste toujours en sécurité.

Si nécessaire, j’apporte de légères retouches. Retirer un détail distrayant. Apaiser un fond. Passer de la couleur au noir et blanc.

Toujours avec retenue. Jamais pour transformer. Seulement pour révéler.

Le papier

Vient ensuite un moment essentiel : le choix du papier.

J’imprime la photographie directement à l’atelier, sur une imprimante professionnelle Canon. Je choisis un papier aquarelle 300 grammes.

Un papier épais. Vivant. Avec un grain subtil.

Ce grain change tout. Il accroche la lumière. Il ralentit le regard. Il dialogue avec le fil.

Ce papier apporte un léger parfum d’autrefois. Un style un peu désuet. Un caractère.

Il prépare la photographie à devenir autre chose.

Le temps de la broderie

C’est ici que le fil entre en scène.

Avant le premier point, je choisis les couleurs. Longtemps. Je teste. J’hésite. Je recommence.

Les teintes doivent dialoguer avec l’image. Jamais la dominer.

J’imagine ensuite les motifs. Un univers. Un rythme. Une respiration.

Je cherche toujours la légèreté. Je fuis l’accumulation. Trop de broderie écraserait la photographie.

Je préfère quelques points justes. Une poésie discrète.

Les motifs sont brodés entièrement à la main. Les fleurs ne mesurent parfois que quelques millimètres.

Le geste est lent. Répété. Précis.

Il y a le bruit presque imperceptible de l’aiguille quand elle traverse le papier. Le frottement du fil. La tension exacte à trouver.

Chaque pièce demande plusieurs heures de travail.

C’est un dialogue silencieux entre la main et l’image.

L’encadrement

Une fois la broderie achevée, vient le temps de l’encadrement.

Je commence par le passe-partout. Il apporte de l’air. De l’oxygène.

Il termine la pièce sans jamais la figer. Il met la photographie brodée en valeur.

Puis vient le cadre, en pin naturel. Choisi pour sa simplicité. Son élégance discrète.

L’ensemble est fermé au kraft gommé. Une étiquette est posée.

Les broderies sont réalisées dans un format standard, ce qui permet de changer facilement de cadre au fil des envies.

L’emballage

Vient ensuite un moment que j’aime beaucoup.

Celui où la pièce doit être protégée.

Un papier de soie pour envelopper la photographie. Un carton rigide contre les chocs. Puis un papier de soie à motifs, choisi selon mes coups de cœur du moment.

J’ajoute toujours un petit mot. Une carte.

Ces détails font partie intégrante du travail.

Le départ

Mon travail s’arrête au moment où je dépose le colis à la poste.

Je laisse partir la pièce.

Une photographie que j’ai regardée longtemps. Que j’ai chérie. À laquelle j’ai souvent inventé un nom. Une histoire.

À partir de là, elle ne m’appartient plus.

Elle commence une nouvelle vie. Chez toi.

Ici, chaque image est traitée avec attention.

Chaque fil est posé avec intention.

Et chaque histoire est respectée.