les voyageuses immobiles

LES VOYAGEUSES IMMOBILES

On raconte souvent l'histoire de ceux qui sont partis.

Les marins qui affrontaient les tempêtes.
Les hommes qui disparaissaient derrière l'horizon pendant des semaines, parfois des mois.
Les aventuriers.
Les explorateurs.
Ceux qui revenaient avec des histoires d'ailleurs.

On parle moins de celles qui restaient.

Pourtant, tu le sais, je vis au bout du Finistère.

Depuis longtemps, je regarde ces femmes qui peuplent les vieilles photographies bretonnes. Le visage sérieux. Les mains occupées. Et cette coiffe extraordinaire dressée vers le ciel comme si elle refusait de baisser la tête.

J'ai souvent pensé qu'on se trompait à leur sujet.

On les imagine enracinées.

Je les crois habitées.

Je me plais à penser que leurs coiffes étaient peut-être plus que des coiffes. Qu'elles étaient des rêves portés bien haut. Des jardins secrets. Des phares intérieurs. Une façon discrète de rappeler au monde que l'imagination voyage plus loin que les bateaux.

Car leur horizon tenait parfois entre un clocher et le bout du village.

Elles voyaient partir les hommes.

Elles restaient.

Elles élevaient les enfants.
Elles géraient les maisons.
Elles affrontaient les inquiétudes, les tempêtes et parfois les drames.

Souvent seules.

Et pourtant je refuse de croire qu'elles aient vécu des vies plus petites.

Je crois même qu'il faut parfois davantage de courage pour rester que pour partir.

Alors j'ai imaginé ces femmes portant leurs rêves au sommet de leur tête.

Un phare.
Un bateau.
Une église.
Un jardin.
Un morceau d'horizon.

Tout ce que l'on porte en soi lorsque personne ne le voit.

Mais au fond, cette série ne parle pas seulement de Bretagne.

Car plus je regardais ces femmes du bout du monde, plus je pensais à toutes les autres.

À celles d'Italie.
D'Irlande.
Du Japon.
D'Afrique.
D'Amérique.

Partout, les femmes ont longtemps occupé la même place.

Celle que l'on raconte moins.

Celles qui tenaient pendant que d'autres partaient.
Celles qui faisaient tourner le monde sans que leur nom apparaisse dans les livres.

Et j'ai parfois l'impression que cela n'a pas complètement changé.

Cette série leur est dédiée.

À celles d'hier.

À celles d'aujourd'hui.

À toutes les femmes qui portent des océans entiers derrière une apparente immobilité.

Parce que rester n'a jamais été synonyme de renoncer.

les voyageuses immobiles

les voyageuses immobiles

Filtres

josephine
65,00 €
ANNE
65,00 €
soizig
65,00 €
MAHAUT
65,00 €
MARIE
65,00 €

Aucun résultat

Aucun résultat ne correspond à votre recherche. Réessayez en supprimant quelques filtres.